Les troubles

Les troubles : que se passe-t-il quand l’odorat ne fonctionne plus ?

Les déficits olfactifs

Le terme normosmie est utilisé pour qualifier une perception olfactive normale. Les déficits olfactifs peuvent être de nature quantitative et/ou qualitative. Parmi les troubles quantitatifs, une hyposmie est une diminution partielle de l’odorat (difficulté à sentir les odeurs), l’hyperosmie est une exaltation de l’odorat (augmentation de la sensibilité aux odeurs) et l’anosmie est la perte complète de l’odorat (incapacité à sentir les odeurs). L’anosmie spécifique n’est pas véritablement un trouble de l’odorat en tant que tel puisque ce phénomène est normal et présent chez tout un chacun. Elle se caractérise par l’incapacité à détecter une odeur en réponse à une molécule odorante donnée.
Parmi les troubles qualitatifs, une parosmie est une impression olfactive erronée en présence d’un stimulus (par exemple, une odeur de cigarette perçue à la place d’une odeur de rose ; lorsque l’odeur perçue est constamment déplaisante on parle de cacosmie), et une phantosmie est une perception olfactive en l’absence de molécule odorante (hallucination olfactive).

La prévalence

Quelle part de la population souffre de troubles olfactifs ? Environ 5% de la population présente une perte totale de l’odorat (anosmie), alors que 15% souffrent d’une perte partielle de l’odorat (hyposmie). Ces proportions varient peu d’un pays à l’autre, mais diffèrent en fonction de l’âge (jeunes adultes vs. adultes âgés) et de la présence de certaines pathologies neurodégénératives (par exemple, maladies d’Alzheimer et de Parkinson).
Ainsi, la prévalence des troubles olfactifs en France est estimée à 10% (principalement de l’hyposmie) chez les jeunes adultes. Cette proportion monte à 30% chez des personnes âgées de plus de 60 ans et à 83% chez des patients Alzheimer.

Les répercussions

Les troubles olfactifs ont un impact significatif sur la qualité de vie des patients. Les patients atteints de ces troubles ressentent une réduction de la richesse des stimulations apportées par les aliments, ainsi qu’une baisse de l’appétit, du plaisir à manger et à cuisiner. En cas d’anosmie, les patients sont aussi privés d’un système d’alerte qui les prévient des dangers, tels que le feu, les produits chimiques nocifs et la nourriture avariée, et ils sont par conséquent davantage sujets à des accidents domestiques. Par ailleurs, ces mêmes personnes présentent des risques de dépression significativement plus élevés : on estime qu’environ 25% à 30% d’entre elles présentent des symptômes dépressifs. Certaines activités professionnelles (cuisiniers, parfumeurs, etc.) peuvent même être gravement compromises. Enfin, certains patients décrivent aussi un handicap social qui affecte différentes situations de la vie quotidienne. Par exemple, comment répondre aux questions « Est-ce que je sens mauvais » ? « Quel parfum dois-je m’acheter ? » « Quelle odeur a mon bébé ; dois-je le changer ? ».

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